Dimanche 16 décembre 2007 7 16 /12 /Déc /2007 23:30

    D'abord, la terre nue, froide, informe, totalement imparfaite. Les mains voyagent sur cette boule, l'éprouvent, en souffrent, la visitent, la réchauffent, la lissent. Cette promenade manuelle m'invite au voyage, je rêve que je m'élever ... M'élever ... comme d'autres amis ... d'autres amours ... . Je baisse les yeux. Ce ressenti me pique la moelle, excite mes nerfs, éveille la synapse « main-terre » qui devient le reflet de mes souvenirs, l'expression de ma pensée, le miroir de mon humeur. Je dompte la matière fibreuse tant bien que mal, je l'étire, l'affine. Elle me fixe et m'attire.

 

    Je laisse courir mes mains, des sillons se creusent, un relief tryptique se dessine. Je descends le long de la matière et l'étire.Un éventail apparaît. Je marque une pause et prend du recul. Je vois un oiseau. Il ne vole pas, il reste à terre. Normal : lorsqu'on reste terre à terre, un oiseau de terre reste à terre. Je repense à ma mise en échec. Avec celui-ci, cela fait trois oiseaux. Pour être précis, deux rapaces et un charognard. Détail important pour moi.

 

    Juste pour moi ...

Par Bastien - Publié dans : Les textes d'atelier
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