Jeudi 21 juin 2007 4 21 /06 /Juin /2007 12:31

 

    L'humour est bizarre : Il est intéressant de voir comme il est facile de dédramatiser une situation avec un bon mot ... ou de la rendre encore pire, selon le ton utilisé et la tournure de la phrase. Mais, l'humour, à quoi ça sert ?

    Comme on le sait, le Moi doit constamment s'interposer entre les désirs du Ça et les interdits du Surmoi pour mettre un terme à leurs disputes. Le Ça ne demande qu'à satisfaire les pulsions mais le Surmoi réprimande et interdit. Si bien que le Moi doit se contrôler et contrôler le Ça. "[Le Surmoi] s'efforce par l'humour, à consoler le Moi et à le préserver de la souffrance". Il permet alors au Moi de lui donner son énergie psychique pour le soulager. Le Surmoi a alors plus d'énergie et il lui est plus facile de modifier les réactions du Moi, de le consoler, et tout cela, grâce à l'humour. Toutefois, pour être capable de passer son économie d'affectes sur le Surmoi, le Moi doit être mature et avoir ce qu'on appelle le contrôle souple de l'action. Le Moi mature peut alors permettre au Surmoi d'utiliser l'humour comme moyen de le protéger.


    Cependant, le Surmoi n'utilise pas l'humour que pour consoler le Moi quand ce dernier résiste aux pulsions du Ça. Dans toutes sortes de situations difficiles où le Moi s'affole et se sent en danger, l'humour est utile pour l'en distancier. Comme on l'a vu, l'humour peut facilement banaliser une situation mais permet aussi, en même temps, de s'en détacher. Vu avec humour, un problème devient beaucoup moins important, et menaçant. Cela permet de mieux gérer les situations car l'individu les subissant est plus à même de se concentrer, ne se sentant plus aussi menacé. Grâce à l'échange d'énergie psychique et à l'économie d'affectes, le Surmoi réconforte le Moi en lui offrant une nouvelle vision des choses. L'humour n'est qu'une méthode parmi d'autres de se protéger ainsi de la souffrance mais elle le fait en procurant du plaisir. "L'affirmation du principe de plaisir prend place dans la grande série des méthodes que la psychique de l'homme a édifiée en vue de se soustraire à la contrainte de la douleur, série qui s'ouvre par la névrose et la folie et embrasse également l'ivresse, le reploiement sur soi-même, l'extase".


    Mais sans connaître les explications de FREUD sur l'humour, il reste que c'est un bon moyen de distanciation. C'est un peu une façon de se fermer au monde en passant de participant à observateur et critique. On s'y éclipse en l'empêchant de nous atteindre, de nous envahir. Rire d'une situation, c'est la transformer en spectacle. Cela nous permet de triompher de la peur, du désarroi, de l'incompréhension et de l'humiliation. Cependant, la distance à besoin de distance. Il sera plus facile, et plus acceptable, de se moquer d'un événement qui a déjà été éloigné par le temps ou l'espace.


    Pour FREUD, nous avons tous des pulsions qui nous poussent à satisfaire nos besoins fondamentaux. Ces besoins sont évidemment de manger, de boire, d'évacuer, de dormir, de respirer et les incontournables relations sexuelles. Comme on l'a compris, il ne nous est pas toujours possible d'assouvir tous ces besoins immédiatement lorsqu'ils se présentent. Alors on doit parfois être écartelé entre le désir de se débarrasser de ces besoins, et les circonstances qui nous en empêchent. FREUD nous personnifie ce petit phénomène avec trois personnages : le Moi, le Ça et le Surmoi. Le Ça représente toutes les pulsions présentes dans une personne. Il peut être amusant de se laisser tenter par le Ça mais attention ! Il y a des conséquences. Le Surmoi est là pour nous remettre dans le droit chemin. Il représente toutes les règles, les interdits intériorisés. C'est la police intérieure. On peut voir que le Ça et le Surmoi sont en constant désaccord. Les petits Disney nous les montrent souvent en tant que petit ange et petit démon. Finalement, il y a le Moi qui est l'instance à l'intérieur de nous. Il est là pour négocier entre le Surmoi et le Ça. C'est le juge qui décide à qui obéir. Bien sûr, c'est aussi lui qui doit endurer celui du Ça ou du Surmoi qui n'a pas été écouté.



    Dans un atelier, l'humour est un outil important pour le thérapeute. Il lui permet de mettre de la distance entre son patient et lui et le protège de ce que le patient peut lui renvoyer. Il permettra aussi de détendre l'atmosphère ou de dédramatiser une situation que le patient a du mal à gérer seul. Mais attention : « On peut rire de tout. Oui. Mais pas avec n'importe qui »





Bibliographie.

FREUD, Sigmund, Le mot d'esprit et son rapport avec l'inconscient.

DESPROGES, Pierre, Les réquisitoires du tribunal des flagrant délires.

 

Par Bastien - Publié dans : Les articles
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Commentaires

salut toi!
trés interessant et trés riche.merci de cet éclairage!@+
Commentaire n°1 posté par manou le 22/06/2007 à 22h30
Bonjour, Je suis moi aussi étudiante à Profac. Ce sont les articles que tu écris pour la formation? En tous cas, très éintéressant. Merci.Stef
Commentaire n°2 posté par stéphanie carvalho le 12/01/2008 à 12h27

Merci à toi !

Oui ce sont des articles que j'ai écrit pour mon journal de bord. En général, j'aborde des thèmes qui m'ont toujours intrigués et qui ont trouvé un semblant de réponse avec la formation profac ^^.

Commentaire n°3 posté par Bastien le 12/01/2008 à 12h53
bonjour, en fait, j'hésitait à faire de même sur mon blog...j'ai fait pas mal d'articles et de résumés sur le thème du comique ces derniers temps...surtout parce que je fais du clown. abientot
stef
Commentaire n°4 posté par stéphanie carvalho le 13/01/2008 à 12h45

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