Partager l'article ! Apocryphes de la Naissance: Texte écrit pour le projet Valhon, jeu de rôle par forum. &nb ...
Moultes légendes circulent sur l'apparition de la vie sur le Continent. Certaines content l'histoire d'un Zéphyr divin qui n'aurait eu de cesse de souffler sur le Mont Rheniel des ères durant jusqu'à former deux magnifiques réceptacles qui permettraient aux enfants des cieux de fouler enfin le royaume que leurs pères avait créé avec tout l'amour que l'on peut porter à ses enfants. Le mal se serait ensuite insinué dans le coeur des Valhonniens pour les corrompre à jamais. Bien sombre histoire, n'est-ce pas ? Mais c'est malheureusement la plus répandue dans les livres : le monde est malheureusement peuplé d'âmes n'ayant pour ainsi dire aucune notion de lecture et les prêtres sont les seuls à pouvoir retranscrir les moindres faits dans les recueils de cuir gardés à la grande bibliothèque du Temple ... à leur manière ...
Pourtant, dans cette même bibliothèque, caché entre deux livres retraçant la vie de héros oubliés, subsiste un antique
parchemin, le plus vieux morceau d'histoire de Valhon : Les Apocryphes de la Naissance. Tout ce que l'on pourra retenir de son auteur est qu'il a été du grand Voyage. Il est écrit en langue de
l'ancien monde, un ramassis de gravures sans importance pour les néophytes et un trésor inestimable pour les érudits. La signification des runes qui figurent sur le vieux cuir fin est à jamais
perdue. Et si elle avait perduré au fil des âges, on aurait pu lire ceci, en substance.
"L'Ile traversait une période de troubles, la dernière me semble-t-il. Nos érudits et nos prêtres fâchèrent une nouvelle
fois les Dieux : une fois de trop. Les tensions entre les Maisons se firent plus fortes et, je le sentais, une guerre ultime allait éclater pour mettre fin à la folie d'un peuple de brebis
égarées. Je n'eus que peu de temps pour préparer le départ des quelques centaines de personnes qui composaient ma Maison pratiquement décimée par une maladie pour le moins étrange : la maladie
fossile, qui figeait dans le temps et l'espace. Nous avions tous une irrépressible peur de cette maladie c'est pourquoi certaines maisons en arrivaient à des extrémités. La plus courante : le
bucher. Il nous fallait donc partir, quitter ce monde désormais hostile à notre survie et à notre liberté. Le déchirement était profond mais salutaire : je ne regrette aucunement mon geste, même
s'il nous a enlevé l'éternité à laquelle mon peuple espérait être voué.
Notre route fut des plus périeuses et des plus macabres. Sur chaque sentier que nous prenions, dans chaque maison que
nous trouvions sur notre chemin le Destin nous attendait entouré de ses mânes funestes qui nous ravissaient nos êtres les plus proches et les plus chers, nous meurtrissant à jamais et nous
forgeant un coeur de marbre. Nous semions tant de cadavres qu'il n'était pas difficile de nous suivre à la trace : Nous étions presque un millier à partir. Lorsque nous arrivâmes à la ville
portuaire, nous n'étions que quelques centaines. Mes maigres moyens m'obligèrent à me contenter de trois bâtiments pourrissant dans un coin du Port, toujours maintenus en eau par on ne sait quel
miracle ... ou pour notre plus grand malheur. Je pris le bâtiment qui avait l'air le moins sûr. Ma femme et mon fils ainé furent emmenés sur les deux autres batiments : si je venais à sombrer
pendant le voyage, la Maison n'en serait pas décapitée pour autant puisque les prétendants à ma descendance seraient encore en vie, du moins, l'espérions-nous. Ce fut cette répartition qui me
décida à prendre le vaisseau le moins sûr. Tu te doutes bien, lecteur, que je me suis fourvoyé quant à l'état de cette embarcation de fortune : quelle fut mon erreur !
Nous coulâmes des jours tranquilles... Enfin, pour des exilés ! Une maladie se propagea sur le bâtiment de mon fils qui,
que les esprits soient loué, ne fut pas touché. Nombres de mes suivants connurent la torture de l'attente et de l'appréhension de ce que l'on appelle la quarantaine. Le capitaine, anxieux de la
santé de son équipage se trouva intolérable et menaça de mort tout écart, notamment en ce qui concernait les malades. Il faut dire que nous étions quelques centaines par navire, une surchage
démographique évidente. Cela va sans dire qu'une épidémie aurait causé un véritable massacre. Vingt-six personnes furent abattues sans sommation. Mon jeune frère en fit parti. Pourtant, j'en suis
reconnaissant au capitaine. Fiévreux, mon frère se sentait agoniser. Il reçut les rites pré-mortem par un prêtre qui officiait parmi les malades (le seul homme de foi qui ait osé s'opposer à la
guerre commanditée par ses semblables). Avant de mourir, il se dirigea vers les escaliers menant au pont et les garvit en rampant marche après marche. Lorsqu'il atteint le pont, les marins mirent
du temps à se rendre compte de sa présence. Il alla s'adosser dans un coin visible de tous, surtout du capitaine. Celui-ci s'avança lentement, un morceau de tissu devant le nez puisqu'incommodé
par l'odeur, regarda le pauvre homme agoniser et l'acheva sans dire mot. Je ne vis aucune trace de peur sur le visage de mon frère seulement une expression de joie mêlée de reconnaissance : il
avait pu voir la mer une dernière fois et connaître une mort plus rapide et moins douloureuse que celle qui l'attendait. Avec les quelques réserves de bois qui ne servaient visiblement à rien, je
lui battis un radeau de fortune sur lequel nous montâmes son bûcher. Nous le laissâmes dériver au gré des flots. Les archers incendièrent leur flèche, bandèrent leur arc et tirèrent en direction
du bûcher. Les flammes s'élevèrent jusqu'à tard dans la nuit.
Quelques jours plus tard, ma Maison connut une nouvelle épreuve, la plus douloureuse en soit. La journée avait commencée
par un beau ciel bleu azur, si pur que l'on aurait pu le prendre pour un cadeau des esprits. La tension de l'équipage était pourtant perceptible. Je demandais à un jeune mousse qui passait par là
ce qui pouvait bien rendre tous les marins nerveux. Il me répondit que nous allions vivre une catastrophe et que la pureté de ce bleu était un bien sombre présage. Ses mots furent bien légers par
rapport à ce qui nous attendait. En début d'après-midi se profila à l'horizon une inquiétante masse noir qui se dirigeait vers nous à une vitesse prodigieuse. Je vis le visage du capitaine
devenir livide. Ce fut furtif, mais perceptible. Il donna une série de directives qui montèrent la tension. Les gens se mirent à paniquer pour on ne sait quelle raison. Quelques minutes plus
tard, la tempête était sur nous. Les vagues gonflaient comme si la mer haineuse se vengeait de tout ce que l'humanité lui avait fait subir, elle grondait, se tordait nous giflait d'un revers de
sa main d'eau et de sel. Les vents se firent plus violents que jamais : les esprits se vengeaient de nous, nous étions perdus. Le pire arriva alors. Notre mat fut emporté par une forte rafale et
alla éventrer le navire qui nous suivait. Il commença à sombrer doucement, une éternité passa avant que sa proue ne finisse par disparaitre. Une éternité pour voir ma femme, les larmes aux yeux,
me faire un sourire mélancolique et un signe d'adieu. Ce sourire restera à jamais gravé dans ma mémoire. Le second navire ne tarda pas à suivre l'exemple : il coula quelques minutes plus tard.
Mon fils eut alors assez de force pour rejoindre mon bâtiment. Que les esprits soient loués de lui avoir donné un corps robuste ! La tempête n'avait duré que cinq minutes : elle avait mis fin à
près de deux cents vies. Elle s'éloigna, cherchant d'autres peuples égarés, d'autres navires à torturer. Nous parvînmes à sauver quelques âmes cependant, les plus robustes. M'est avis que les
esprits avaient décidé que seuls devaient rester ceux qui le méritaient. Mais dans ce cas, pourquoi l'ont-ils pris ? Pourquoi m'ont-ils ravi ma femme ?
Les jours suivant furent des plus calmes. La quiétude gagna mon esprit torturé par la mort de sa moitié. Mon fils ainé
dirigeait le bon déroulement des travaux. Ses connaissances et sa passion pour l'ébénisterie et la physique nautique furent précieuses pour tous. Le capitaine le prit sous son aile. J'en suis
fier et j'estime qu'il fera un excellent souverain, dussé-je l'y contraindre. Ses frères et sa soeur participèrent eux aussi à l'élaboration des pièces de remplacement. Nous nous arrêtâmes
quelques temps sur une île pour reconstruire ce que les flots avaient détruits. En quelques jours le bateau devint comme neuf. Seulement une pénurie de vivres nous fit craindre la fin. L'île
était désertée de tout : animaux, végétations, indigènes .... Nous décidâmes de continuer notre route, espérant trouver une quelconque île sur notre passage. Le miracle se produisit. Nous avions
perdu tout espoir lorsque nous entendîmes un cri de mouette. Puis la vigie cria qu'une île était en vue. Je la baptisai Valhon, du nom de ma femme, dame de Valhonia. Nous mîmes enfin le pieds à
terre et celle-ci nous offrit tout son réconfort. A l'heure où j'écris, nous sommes en train de battirent notre ville, Kaaon. Enfin, plutot un camp, vu que nous ne montons que des tentes ou des
cases de fortunes, au grand désarroi de mon fils, qui espérait pouvoir construire une ville. Le récit de mon voyage prend ici fin. Le plus dur de notre périple est passé. Une chose reste à faire
: survivre."
Ainsi s'achève le récit du Grand Voyage, dernier chapitre des Apocryphes de la Naissance. Quelques années plus tard, ce
que redoutait le fils ainé arriva : un incendie se propagea rapidement à Kaaon. Toutes les tentes furent brûlaient et les cases explosèrent sous l'effet de la chaleur causant la mort de plusieurs
dizaines de personne. La population commença à baisser les bras. C'est alors que Rheniel, le fils ainé, prit les choses en main et proposa d'édifier une grande ville en l'honneur de son père,
mort dans l'incendie. Exalté par un discours dont on ne trouve aucune trace, le peuple suivit le jeune prince dans l'édification de la plus grande ville que Valhon ait jamais connue, Kaaon la
Magnifique. Les premières pierres de cette ville furent posées sur des monts que l'on appela plus tard les monts Rheniel. Trois Tours d'ivoire furent dressées : l'une vers la mer, faisant office
de phare et de plateforme économique de l'île et représentant le passé, l'une au centre de la ville, regroupant tout ce qui attrait aux arts mystiques et guerriers et représentant le présent et
l'une vers le milieu de l'île. Cette dernière abrite tous les instituts de recherche de la ville et repésente l'avenir. Chacune représentant une partie du peuple de cette île.
Mais vous ... Laquelle vous représente le plus ?
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Pas mal du tout ton texte ! En même temps j'ai jamais lu du mauvais venant de toi. Y a quand même des phrases qui mériterais d'être revu et reformulées.
Une question, il avait été accepté au final ce texte ?
;)
a plus.